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De Suzanne Lenglen à Serena Williams : une petite histoire du tennis féminin

En ce moment, l'un des plus prestigieux tournois de tennis prend place au stade Roland-Garros. Alors on s'est dit que ce serait l'occasion de revenir sur ces joueuses qui ont marqué l'histoire de ce sport (et oui, elles sont toutes dans notre jeu Bad Bitches Only).



Suzanne Lenglen, la première star du tennis féminin

Suzanne Lenglen © Getty Images

Née à Paris en 1899, Suzanne Lenglen touche sa première raquette à 11 ans et dispute son premier tournoi à 12 ans. A cette époque, les femmes sont encore peu présentes dans la discipline et lorsque Lenglen remporte Wimbledon en 1919, cette victoire marque le début de sa renommée internationale.

Entre 1921 et 1926, elle signe une série de 171 victoires consécutives et devient par la même occasion une star, attirant ainsi l'attention du public sur le tennis féminin.


Elle va ainsi frayer un chemin pour les actuelles et futures tenniswomen en posant les fondements du tennis féminin. En hommage à cette pionnière du tennis, le stade Roland-Garros donne son nom à un court en 1997 : le court Suzanne-Lenglen.



Billie Jean King et la "bataille des sexes"

Billie Jean King © AFP Photos

Considérée comme l'une des plus grandes joueuses de tous les temps, Billie Jean King, joueuse de tennis états-unienne, est particulièrement connue pour son match de 1973 contre Bobby Riggs, surnommé la "bataille des sexes".


Bobby Riggs, qui était le numéro 1 mondial au milieu des années 1940, critique volontiers le tennis féminin qu'il estime "inférieur à celui pratiqué par les hommes". Il va même jusqu'à déclarer : "aucune joueuse en activité ne pourrait jamais venir à bout d'un retraité", défiant par la même occasion Billie Jean King.

A ce moment dans sa carrière, King avait déjà remporté 12 titres du Grand Chelem et lancé la Women's Tennis Association (WTA), un circuit dédié aux femmes pour défendre l'égalité salariale. Elle refuse initialement le défi lancé par Riggs, mais suite à la défaite de la joueuse Margaret Court face à lui, elle décide de l'affronter.

S'en suit une défaite cuisante pour Riggs (6-4, 6-3, 6-3) dans un match qui avait suscité un énorme intérêt médiatique et réuni près de 90 millions de téléspectateur·ice·s.


Loin de s'arrêter là, Billie Jean King continuera toute sa vie à défendre les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+, ayant elle-même été la première sportive à faire son coming out en 1981. Avec un tel engagement féministe, Billie Jean King fait partie de nos Bad Bitches préférées de l'extension Feminist Warriors du jeu.


La représentation LGBTQIA+ : l'histoire de Renée Richards, Martina Navrátilová et Amélie Mauresmo

Renée Richards © Getty Images

Si son nom reste peu connu, Renée Richards, joueuse de tennis états-unienne transgenre des années 1970-1980, a marqué l'Histoire du tennis.

Assignée garçon à la naissance, Renée commence à jouer au tennis de façon amateur en parallèle de ses études de médecine à Yale. Elle participe à 5 reprises aux Internationaux des Etats-Unis dans les années 1950 et dispute de nombreux tournois majeurs, dans la catégorie masculine (n'ayant pas à l'époque débuté sa transition).


En 1975, après sa transition, elle se lance à plus de 40 ans dans une carrière professionnelle de tennis sur le circuit de la Women's Tennis Association (WTA). Cependant, elle se voit refuser le droit de concourir à l'US Open après qu'un journaliste l'ait outée, révélant sa transidentité au public. Elle porte l'affaire en justice et, en 1977, la Cour Suprême lui donne raison. La même année, elle atteindra la finale du double dames de l'US Open.


Dans le début des années 1980, elle coache Martina Navrátilová qui deviendra la deuxième joueuse la plus titrée de l’histoire du tennis féminin. Celle-ci, née en Tchécoslovaquie et naturalisée états-unienne, remporte un total de 59 titres du Grand Chelem.

En 1981, elle fait son coming out et milite activement pour les droits des personnes LGBTQIA+.

Renée Richards et Martina Navrátilová trouvent évidemment bien leur place dans l'extension Queer Icons du jeu Bad Bitches Only !


De l'autre côté de l'Atlantique et plus de 10 ans plus tard, c'est Amélie Mauresmo qui fait son coming out en tant que lesbienne à seulement 19 ans à la finale de l'Open Australie. En 2004, elle devient la deuxième joueuse française, après Suzanne Lenglen, à atteindre le classement de numéro un mondial.

Autant par sa carrière exceptionnelle, avec ses 25 titres au WTA, que par ce qu'elle amène à la représentation LGBTQIA+ dans le sport français, Amélie Mauresmo reste un symbole du tennis en France.


Une icône de l'ère moderne : Serena Williams

Serena Williams © Wochit Entertainment

Quarante ans après qu'Althea Gibson remporte un titre du Grand Chelem (première femme noire à le faire), les sœurs Serena et Venus Williams commencent leur carrière professionnelle.

Avec ses 4 médailles d'or olympiques et ses 23 titres du Grand Chelem, Serena Williams marque à jamais l'histoire du tennis, se plaçant en numéro 1 mondial de nombreuses années consécutives.


Cependant, cette carrière exceptionnelle ne lui épargnera pas de se retrouver en 2018 au cœur de deux controverses laissant à voir la misogynie - et misogynoire (spécifique aux femmes noires à l'intersection de 2 oppressions) - du milieu.

Lors de la finale de l'US Open, elle perd face à la Japonaise Naomi Osaka après avoir été sanctionnée d'un jeu de pénalité par l'arbitre. En effet, ce dernier lui attribue un avertissement après avoir fracassé sa raquette sur le court (geste qui n'est pas inhabituel chez les joueurs masculins), puis un 2ème avertissement pour s'être énervée contre lui et sa précédente pénalité jugée injuste, le traitant de "voleur". Or, des réactions bien plus véhémentes avec un langage bien moins retenu ont été vues chez des joueurs masculins, sans pour autant provoquer de telles sanctions. On vous laisse tirer vos propres conclusions...


C'est ensuite à Roland-Garros qu'elle subit, une fois encore, le sexisme de l'institution. Cette fois, il s'agit de sa tenue. En effet, cette dernière ne répondant pas au code vestimentaire du tournoi, qui impose une jupette aux joueuses (mais pas aux joueurs, bien sûr !), elle se fait interdire sa combinaison. Décision d'autant plus injuste que sa combinaison avait été spécialement conçue pour lutter contre ses problèmes de circulation sanguine dus aux complications médicales suite à son accouchement.


Deux scandales qui laissent voir l'ampleur du sexisme encore bien présent dans le tennis féminin, malgré tout le chemin parcouru depuis le début du 20ème siècle.


C'est toutefois grâce à ces joueuses exceptionnelles, certaines présentes dans le jeu Bad Bitches Only, et bien d'autres qui n'y sont pas encore, que les mentalités évoluent dans le sport féminin, et le sport en général ! Merci à elles et à toutes les futures joueuses à venir qui feront bouger ces lignes 🎾



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