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Pour le 8 mars : 8 militant·e·s féministes

Mis à jour : mars 5

A l'approche du 8 mars - journée internationale de lutte pour les droits des femmes - on a choisi 8 militant·e·s féministes à vous présenter. Leur point commun ? Tou·te·s sont dans notre jeu féministe Bad Bitches Only, l'extension Feminist Warriors ou l'extension Queer Icons ! Un beau moyen de rendre hommage aux personnes qui ont lutté ou continuent de lutter pour l'égalité des genres.

1. Ruth Bader Ginsberg

Ruth Bader Ginsburg est sans doute l’une des femmes les plus influentes des États-Unis, ayant dédié sa vie à la défense de l’égalité entre les genres.

Née en 1933 de parents immigrants juifs russes, elle intègre à 23 ans la prestigieuse école de droit de Harvard, faisant partie de la première promotion mixte (9 femmes pour 500 hommes). Elle continue à se confronter au sexisme de ce milieu quand, arrivée sur le marché du travail, aucun cabinet news-yorkais ne veut l’embaucher à cause de son genre. Elle co-fonde alors le Women's Rights Project au sein duquel elle travaille sur des centaines de cas de discrimination sexiste. En 1993, elle est nommée juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, poste qu'elle occupe depuis 26 ans. Sa vie est retracée dans un documentaire intitulé RBG, d'après son surnom « Notorious RBG » inspiré du rappeur Notorious B.I.G.

2. Audre Lorde

Femme de lettre et poétesse états-unienne, Audre Lorde est une figure féministe de la lutte contre le sexisme, l’homophobie et le racisme.

Née en 1934 à New York, elle commence très tôt à écrire des poèmes. Elle multiplie les petits boulots en parallèle de ses études et son écriture, jusqu’à ce qu’elle commence à être publiée en 1960, notamment dans le recueil de Langston Hughes New Negro Poets, USA puis dans ses recueils The First Citieset Cable to Rage. Dans son ouvrage Sister Outsider, elle fait la critique d’un féminisme trop centré sur l’expérience des femmes blanches de classes moyennes. En évoquant son expérience de femme noire et lesbienne, elle s’oppose à l’illusion d’homogénéité et unité d’une seule catégorie de femme (posant les bases du concept d’intersectionnalité, développé par Kimberlé W. Crenshaw quelques années plus tard). Elle décède en 1992 des suites d’un cancer.

3. Paul B. Preciado

Philosophe espagnol né en 1970, il défend un féminisme queer et pro-sexe à travers ses ouvrages et interventions.


Assigné fille à la naissance, il évolue pendant des années dans la scène dragking, organisant le premier atelier dragking à Paris en 2002, avant de commencer la prise de testostérone qu’il raconte dans Testo Junkie : sexe, drogue et biopolitique. Avec ses ouvrages Manifeste contra-sexuel, Pornotopie et Un appartement sur Uranus, il tente de définir une alternative à l’hétérosexualité et aux normes de genre en questionnant les nouvelles technologies du corps et leur potentiel de subversion du système de genre par de nouveaux codages corporels.

4. Sojourner Truth

Isabella Baumfree, surnommée Sojourner Truth, est une abolitionniste et féministe états-unienne du 19ème siècle.


Née esclave, elle s’enfuit en 1827 avec sa plus jeune fille lorsque son maître refuse de la libérer après l’abolition de l’esclavage dans l’État de New York. Elle finit par revenir pour travailler au sein de communautés évangéliques où elle se met à prêcher. En 1841, elle s’installe dans le Massachusetts, change son nom pour Sojourner Truth et commence à militer pour les droits des femmes et l’abolition de l’esclavage. En 1851, lors de la Convention des droits de la femme, elle prononce son célèbre discours « Ain’t I a Woman ? » (« Ne suis-je pas une femme ? »). Durant la guerre de Sécession, elle soutient les régiments noirs combattant pour l’Union et continue son militantisme après la fin de la guerre en accompagnant les anciens esclaves pour les aider à trouver du travail. Elle décède en 1883, ayant marqué les générations à venir avec son discours Ain’t I a Woman ?, repris par la féministe bell hooks dans son œuvre éponyme.

5. Fatima Mernissi

Sociologue et icône féministe au Maroc, Fatima Mernissi consacre sa vie à l’observation des rapports entre les hommes et les femmes dans le monde arabe.


Née en 1940 à Fès, elle suit des études de droit puis de sociologie à la Sorbonne et aux Etats-Unis. Dès sa thèse et plus tard dans Le harem politique, elle s’intéresse aux dynamiques dans les rapports entre les hommes et les femmes dans le monde musulman et s’attelle à montrer que l’atteinte aux libertés des femmes n’a pas son origine dans les sources scripturales mais dans des formes de contrôles théorisées plus tard, notamment sous la dynastie des Omeyyades. Parallèlement à sa recherche, elle milite activement contre le patriarcat au Maroc en montrant que l’islam encourage l’égalité des sexes. Elle décède en 2015, inspirant jusqu’à aujourd’hui de nombreuses militantes féministes dont Mona Eltahawy ou Amina Wadud.

6. Marielle Franco

Femme politique et militante brésilienne lesbienne, Marielle Franco a marqué le Brésil par son combat contre le racisme, le sexisme et l’homophobie jusqu’à son assassinat politique en 2018.


Née en 1979 à Rio de Janeiro, elle commence sa carrière politique en 2006 au sein du Parti Socialisme et Liberté (PSOL). En 2016, elle est élue conseillère à la Chambre municipale de la ville de Rio, faisant partie des personnes ayant recueilli le plus de suffrages. Elle met les questions de genre, race et de violence de la police dans les favelas au cœur de son mandat (parmi ses projets de loi, la garantie de l’accès à l’avortement). Le 14 mars 2018, elle est assassinée par arme à feu dans ce que le gouvernement qualifie de balles perdues dans un règlement de compte de dealers, mais qui, selon Human Rights Watch, est plus le symbole de l’impunité politique à Rio. Sa mort donne lieu à des manifestations dans tout le pays mais aussi à une réaction très violente de l’extrême-droite. Une enquête est en cours, suite aux recommandations de l’ONU.

7. Emmeline Pankhurst

Figure de la lutte pour le droit de vote des femmes au Royaume-Uni, Emmeline Pankhurst fait partie des suffragettes les plus connues.


Née en 1858 à Manchester dans une famille d’activistes politiques, elle participe au Women’s suffrage movement dès l’âge de 14 ans. En 1889, elle crée avec son mari la Women’s Franchise League qui défend le droit de vote pour les femmes. Lorsqu’elle essaie de rejoindre l’Independant Labour Party (parti politique socialiste), elle est refusée à cause de son genre. En 1903, après la mort de son mari, elle fonde le groupe féministe Women’s Social and Political Union dont le slogan est « deeds not words » (« des actions, pas des mots »). Elle y organise de nombreuses manifestations et actions de sabotage qui lui valent de se faire arrêter plusieurs fois. En 1918, le droit de vote est enfin accordé aux femmes britanniques de plus de 30 ans. Il faudra attendre 1929, soit 1 an après sa mort, pour que l’âge de vote des femmes soit aligné sur celui des hommes (soit 21 ans).

8. Angela Davis

Icône de la lutte féministe, anti-raciste et anti-capitaliste, Angela Davis est une professeure de philosophie et militante états-unienne.


Née en 1944 en Alabama en pleine ségrégation raciale, elle est initiée au socialisme et au communisme dès l’âge de 14 ans lorsqu’elle s’installe à New York. Après des premières années de militantisme, notamment contre la guerre au Vietnam, elle rejoint le Black Panther Party et le parti communiste. Dans son parcours militant, elle se heurte à beaucoup de sexisme ce qui nourrit son féminisme. Elle est renvoyée de son poste d’enseignante à l’Université de Californie à cause de son activisme et est recherchée par le FBI. Au terme de 2 semaines de cavale, elle est arrêtée mais acquittée après 16 mois d’emprisonnement. A sa sortie de prison, elle publie des essais radicaux, notamment sur la paix au Vietnam, l’antiracisme et le féminisme. Son œuvre Femmes, race et classe est un classique de la pensée intersectionnelle. En 1980 et en 1984, elle se présente comme candidate à la vice-présidence des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle est professeure d’histoire de la conscience à l’Université de Californie et lutte contre l’industrie carcérale et la peine de mort.


Retrouvez toutes ces figures féministes militantes dans le jeu Bad Bitches Only et ses extensions Feminist Warriors et Queer Icons !


Et on continue de vous présenter des militant·e·s féministes chaque jour du mois de mars en story sur notre Instagram

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