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Représentation Queer, jeu et dessin

Dans cet article, on va vous parler de notre réflexion qui a accompagné la sortie de l'extension Queer Icons, de notre collab' avec Leny Lo, ainsi que sa démarche d'utilisation du dessin comme moyen de visibiliser la communauté queer. Vous trouverez en toute fin de page un lexique avec les définitions de certains termes utilisés.


En novembre 2019, Gender Games lançait sa deuxième extension du jeu Bad Bitches Only : Queer Icons. En 80 cartes, toutes les lettres de la communauté L(G)BTQIA+ y sont représentées (sauf les hommes gay cisgenres qui, par leur identité de genre, ne rentrent pas dans le cadre du jeu Bad Bitches Only - garanti 0% homme cis). Si ce choix peut parfois soulever des débats, il faut rappeler que les hommes gay sont tout de même les plus représentés de la communauté dans la culture mainstream.


Bien sûr, le jeu de base Bad Bitches Only recensait déjà plusieurs grandes figures queer, comme Ellen DeGeneres, Angela Davis ou encore les soeurs Wachowski. De même, la première extension sortie - Feminist Warriors - reprenait aussi pas mal d'icônes de la communauté (pour être honnête, si on avait su à l'époque qu'on ferait une extension Queer Icons, on en aurait peut être gardées de côté 😜). Si on additionne tout ça, on a déjà plus de 50 figures LBTQIA (toutes listées à la fin du Bad Dico de Queer Icons, pour pouvoir faire des parties 100% queer).


Mais alors pourquoi créer une autre extension qui ne parle que d'icônes LBTQIA+ ? Tout d'abord, parce qu'il y en avait plein qu'on n'avait pas encore cité ! Certaines très connues comme Jodie Foster ou Christine and the Queens, d'autres beaucoup plus confidentielles comme Enheduanna ou Aaron Philip. C'était aussi une question de représentation à l'échelle de la communauté, qui a tendance à être oubliée par les médias et les politiques, 11 mois sur 12 de l'année. Oui oui, on parle de tous les autres mois en dehors de juin (mois des fiertés LGBTQIA+, qui semble être le seul pendant lequel le monde se rappelle de l'existence des personnes queer).




C'est aussi dans cet objectif de visibilisation qu'on a collaboré avec l'artiste queer Leny Lo, qui a choisi une personnalité de l'extension Queer Icons à représenter : Coccinelle. On a ensuite décliné l'illustration en stickers et carnets de poche.


On a donc voulu interviewer Leny pour comprendre sa démarche.



Gender Games : Peux-tu te présenter en quelques mots ?


Leny Lo : Je m’appelle Leny Lo, j’ai 26 ans, je suis un illustrateur et graphiste transgenre.

Mon univers s’anime autour de la culture Queer, le monde de la mode, l’univers du tatouage et l’influence de la bande dessinée.


GG : Qu'est-ce que ton art représente pour toi ?


LL : L’illustration est pour moi un plaisir à travers lequel je n’ai aucune contrainte. J’expose ainsi en l’état mon univers graphique au public, le dessin me permet alors de donner de la visibilité à la communauté LGBTQIA+ à mon échelle. 


Extrait du compte Instagram de Leny : @lo_illustration



GG : Pourquoi avoir choisi de dessiner Coccinelle ?


LL : Quand tu m’a proposé d’illustrer la figure queer de mon choix j’ai très vite pris parti de dessiner la célèbre meneuse de revue et femme transgenre : Coccinelle (Jacqueline Charlotte Dufresnoy). Egalement comédienne et chanteuse dans les années 50-60, elle a laissé une belle empreinte au sein de la communauté LGBTQIA+, figure d’un combat pour les droits des personnes trans.  Son succès construit sur le mythe de la star, a servi d’exemple, parfois de contre exemple, à d’autres personnes trans comme la célèbre Bambi (Marie-Pierre Pruvot). Il faut savoir que Coccinelle a été la première personne transgenre à changer sa mention de sexe à l’état civil en France, ce qui a fait d’elle une pionnière. Tout comme l’ont été Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera dans les années 60-70 aux États-Unis  lors des émeutes de Stonewall en 1969 (genèse de la Pride), et par la suite pour la lutte pour l’égalité des personnes LGBT.


GG : Pourquoi est-ce que ce projet te tenait à coeur ?


LL : Je pense que nous sommes tous inconscients de quelque chose dans le monde.

Par conséquent, nous sommes tous problématiques à notre manière. S’éduquer et éduquer, c’est lire entre les vies, c’est exprimer nos identités entre les lignes, dévier les mots, les étiquettes, les normes. Soyons fier·es, soyons fort·es. 

Lexique :

- LGBTQIA+ : Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel·le +

- Queer : à l’origine utilisé comme insulte à l’égard les personnes LGBTQIA+ (« bizarre » en anglais), aujourd’hui repris par la communauté pour désigner toutes personnes non hétéro-cisgenres.

- Transgenre (ou trans) : dont l’identité de genre diffère de celle qui a été assignée à la naissance. Par exemple, une femme transgenre est une femme qui a été assignée « garçon » à la naissance.

- Cisgenre (ou cis) : dont l’identité de genre correspond à celle qui lui a été assignée à la naissance.

- Non-binaire : qui ne s’identifie pas exclusivement au genre masculin ou féminin, mais parfois aux deux ou à aucun.

-Intersexe (ou intersexué·e) : personne naissant avec des attributs génitaux et/ou chromosomiques et/ou hormonaux qui ne correspondent pas à la définition typique de « mâle » ou « femelle ».




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