Qui vous vient en tête quand on parle d’héroïne du jeu vidéo ?

Sans doute Lara Croft, Samus Aran ou Aloy ou encore Zelda, qui a enfin droit à son propre jeu dans Echoes of Wisdom Les persos féminins sont de plus en plus présents dans nos jeux préférés.

Mais est-ce que cela signifie que le level de l'égalité est terminé ?

L'infographie 2026 de Women in Games France dresse un état du secteur. Les femmes sont présentes à toutes les étapes de l'écosystème vidéoludique mais leur visibilité diminue à mesure que l'on s'approche des lieux de pouvoir et des représentations les plus marquantes.

Les joueuses ne sont plus des PNJ

Commençons par casser un vieux cliché, oui, les femmes jouent aux jeux vidéo.

En France, elles représentent désormais près d'une personne sur deux. Chez les 10-30 ans, cette proportion grimpe même à 85 %. Elles explorent et combattent des boss sur console, PC, mobile, à des jeux narratifs, des FPS, des Battle Royale ou des MMORPG.

Pourtant, seulement 36 % des joueuses se définissent comme "gamers", contre plus de la moitié des hommes. Comme si, malgré des heures passées sur Baldur's Gate 3 ou Animal Crossing, leur légitimité pouvait encore être remise en question. Sans doute parce que la représentation ne suit pas toujours la réalité.

Derrière les manettes et derrière les écrans

Si les joueuses sont nombreuses, elles restent encore minoritaires dans les studios qui fabriquent les jeux.

Aujourd'hui, elles représentent environ 20 % des effectifs des studios français et sont encore moins nombreuses aux postes de direction.

Ce chiffre ne raconte pas toute l'histoire. Il ne dit pas que les femmes ne veulent pas créer des jeux. Il invite plutôt à se demander pourquoi elles sont encore moins nombreuses à transformer leur passion en métier.

Visibilité des métiers, stéréotypes, manque de rôles modèles, environnements parfois peu inclusifs, les causes sont multiples et il n'existe pas de solution unique.

Mais une chose est sûre, plus les équipes sont diverses, plus elles apportent de points de vue différents. Et quand on crée des mondes entiers, c'est loin d'être un détail.

Des héroïnes auxquelles s’identifier

Il y a plus de persos féminins qu’il y a 20 ans. Pourtant, les chiffres montrent qu'ils restent encore moins nombreux que les personnages masculins. Ils sont également moins présents sur les jaquettes, prennent moins souvent le rôle principal et disposent parfois de moins de dialogues.

La question n'est pas de remplacer tous les héros par des héroïnes.

Quelles histoires choisit-on de raconter ?

Des guerrières, des scientifiques, des pirates, des pilotes, des mages, des survivantes, des méchantes iconiques, des personnages drôles, complexes ou imparfaits. Plus les profils sont variés, plus les univers gagnent en richesse.

Ces dernières années, le jeu vidéo a fait émerger des personnages plus variés, qu'il s'agisse de leur genre, de leur orientation sexuelle ou de leur identité. Des jeux comme The Last of Us Part II, Life is Strange, Tell Me Why, Celeste, Dragon Age: The Veilguard ou encore Hades II montrent qu'il est possible de proposer des récits inclusifs sans que cela définisse entièrement leurs personnages.

Ellie, Lev, Tyler Ronan, Madeline ne sont pas mémorables parce qu'iels incarnent une identité particulière mais parce qu'iels sont bien écrits. Beaucoup d’entre elles sont à retrouver dans notre BBO GEEK LEGENDS.

Selon les données de Women in Games France, seuls 2 % des jeux sortis en 2024 incluent un personnage LGBTQIA+ jouable ou important dans le récit, même si cette proportion progresse régulièrement.  De son côté, GLAAD souligne que les personnages queer, trans et non binaires restent rares, en particulier dans les grosses productions, alors même que les attentes des joueurs et joueuses évoluent

Selon l'infographie 17 % des joueur·euses s'identifient comme LGBTQIA+ mais leur représentation dans les jeux reste encore limitée. Une meilleure diversité ne consiste pas à cocher des cases, elle permet simplement de raconter davantage d'histoires et d'offrir à chacun·e la possibilité de se reconnaître dans les mondes qu'il ou elle explore.

Game Over pour les clichés ?

Le jeu vidéo évolue.

Les communautés sont plus diverses qu'elles ne l'ont jamais été. Les studios aussi, même si le chemin est encore long. Et les joueurs comme les joueuses attendent désormais des personnages qui leur ressemblent davantage ou qui les surprennent.

Chez Gender Games, on est convaincu·es que l'inclusion n'est pas un mode facile imposé aux studios. On crée des jeux pour valoriser les femmes et les minorités de genre.

Parce que raconter toujours les mêmes histoires avec les mêmes profils, c'est passer à côté d'une infinité de quêtes secondaires qui méritent d'être vécues.

Et si le prochain boss à battre, ce n'était pas un dragon mais les stéréotypes ?

Pour aller plus loin

Les données de cet article sont issues de l'Infographie 2026 : La place des femmes dans l'écosystème du jeu vidéo, publiée par Women in Games France.